C’est une première en France. L’entreprise d’agriculture urbaine Sous les fraises a construit une serre à tomates sur un immeuble du 20e arrondissement de Paris, rue Sorbier. La start-up n’est pas à son coup d’essai puisqu’elle a déjà végétalisé bon nombre de toits parisiens.
Si tu t’intéresses à l’agriculture urbaine, à la végétalisation des villes ou aux fermes sur les toits, ce cas est particulièrement parlant. Ici, Sous les fraises ne se contente pas de “mettre du vert” sur un immeuble : l’entreprise conçoit de vrais lieux de production, avec une logique à la fois écologique, pédagogique et économique.
L’essentiel a retenir : Sous les fraises a installé une serre à tomates sur un toit parisien, une première en France.
- La serre est située rue Sorbier, dans le 20e arrondissement de Paris.
- Le projet couvre 400 m2 et vise environ 3 tonnes de tomates.
- Les tomates sont produites sans pesticide et dans le respect des saisons.
- L’entreprise développe aussi des produits dérivés et des expériences pédagogiques.
- Le projet illustre une agriculture urbaine utile, concrète et réplicable.
Sous les fraises végétalise le bitume
Gamme de produits réalisée à partir des récoltes de Sous les fraises © Camille Hispard
Quand on parle d’agriculture urbaine, on pense souvent à des potagers décoratifs ou à des initiatives symboliques. Ici, on est sur quelque chose de beaucoup plus structuré. Sur le terrain, Sous les fraises conçoit, installe et exploite des fermes urbaines avec une vraie logique de production.
À Paris, où les espaces verts restent limités dans de nombreux quartiers, ce type de projet répond à plusieurs enjeux en même temps : produire localement, reverdir des surfaces inutilisées et reconnecter les habitants à ce qu’ils consomment. Concrètement, cela change la fonction d’un toit : il ne sert plus seulement de couverture, il devient un espace vivant, utile et productif.
Au Jardin Perché des Galeries Lafayette Haussmann, par exemple, l’équipe a développé 1 200 m2 d’espaces végétalisés avec 18 000 plantes et 150 variétés comestibles. Dans la pratique, ce genre de site montre bien que la végétalisation urbaine ne se limite pas à l’esthétique : elle peut aussi nourrir, sensibiliser et créer de nouveaux usages.
Et ce que cela implique pour toi, si tu t’intéresses au sujet, c’est qu’une ferme urbaine bien pensée peut avoir plusieurs fonctions à la fois :
- produire des fruits, des herbes et des plantes comestibles ;
- réduire la distance entre production et consommation ;
- valoriser des toitures souvent sous-exploitées ;
- créer des supports pédagogiques pour le grand public ;
- développer des produits transformés à partir des récoltes.
Dans la majorité des cas, ce modèle fonctionne parce qu’il combine utilité, récit de marque et ancrage local. Les professionnels observent généralement que les projets les plus solides ne vendent pas seulement un produit : ils proposent aussi une expérience et une compréhension du geste agricole en ville.
Une serre à tomates sur un toit : une première en France
Serre à tomates sur le toit d’un immeuble de la rue Sorbier dans le 20e © Sous les fraises
Fin septembre, Sous les fraises a inauguré une serre à tomates sur le toit d’un immeuble du 20e arrondissement de Paris, rue Sorbier. Sur le papier, le projet peut sembler simple. En réalité, c’est une opération technique beaucoup plus complexe qu’un potager classique.
La serre s’étend sur 400 m2 et mesure 70 mètres de long. À terme, elle doit produire environ trois tonnes de tomates, sans pesticide. Ce type de rendement, en milieu urbain, montre qu’on n’est pas seulement dans le symbole : il y a une vraie logique d’exploitation agricole.
Si tu te demandes pourquoi il a fallu autant de temps, la réponse est très concrète : un toit ne se transforme pas en serre du jour au lendemain. Il faut vérifier la structure, le poids supporté, la résistance au vent, l’exposition, l’accès, l’arrosage, la sécurité et la maintenance. L’équipe explique d’ailleurs avoir dû trouver des solutions adaptées pour éviter qu’une structure soit trop lourde ou, à l’inverse, trop légère et exposée au risque d’arrachement.
Dans la pratique, c’est ce genre de contraintes qui distingue un projet crédible d’une simple idée marketing. Une serre en toiture doit être pensée comme un ouvrage technique autant que comme un espace de culture.
Pourquoi ce projet est important
Ce que cela change, c’est la preuve qu’on peut produire localement en ville sans renoncer à des standards agricoles sérieux. Pour une métropole comme Paris, c’est aussi une manière de remettre de la production alimentaire au cœur du tissu urbain, là où l’espace est rare et cher.
Autre point essentiel : le projet reste cohérent avec une logique de saisonnalité. Une fois la saison des tomates terminée, il n’est pas question de chauffer la serre pour continuer à produire. Ce choix est important, parce qu’il évite de transformer une démarche écologique en solution énergivore.
Concrètement, l’entreprise préfère transformer les récoltes en produits adaptés à l’hiver :
- sauce tomate ;
- piperade parisienne ;
- pesto rosso.
Dans les faits, c’est une stratégie intelligente : on valorise la récolte, on limite le gaspillage et on prolonge la saison de consommation sans forcer la nature. C’est souvent là que les projets les plus pertinents se distinguent : ils ne cherchent pas à produire contre le rythme naturel, mais avec lui.
Une volonté de sensibiliser
Un mur de fleurs sur le Jardin Perché des Galeries Lafayette Haussmann © Camille Hispard
Sous les fraises ne se présente pas comme un modèle unique à copier tel quel. L’entreprise se positionne plutôt comme un outil de réflexion et de sensibilisation. Et c’est une nuance importante, parce qu’en agriculture urbaine, beaucoup de projets échouent quand ils veulent uniquement convaincre par le discours. Ici, la pédagogie passe aussi par l’expérience.
L’équipe insiste sur un point : il ne s’agit pas de moraliser. L’objectif est de montrer qu’on peut consommer autrement sans renoncer au plaisir. C’est une approche souvent plus efficace, parce qu’elle parle aux gens dans leur quotidien. Boire un gin tonic, goûter une vodka issue des récoltes, participer à une visite ou à un atelier : ce sont des portes d’entrée concrètes vers des sujets parfois perçus comme abstraits.
Dans la pratique, les sites de l’entreprise proposent plusieurs formats :
- visite d’une ferme aquaponique à Aubervilliers ;
- cours de yoga au milieu des plantes ;
- ateliers pédagogiques de jardinage ;
- initiations à l’apiculture ;
- séminaires et découvertes autour de l’agriculture urbaine.
Ce type d’approche est particulièrement intéressant si tu cherches à comprendre comment une ferme urbaine peut créer de la valeur au-delà de la seule production alimentaire. On constate souvent que les modèles les plus solides combinent trois dimensions : produire, transmettre et faire vivre un lieu.
Autre élément révélateur : l’entreprise ne distribue pas ses produits partout. Ce choix peut sembler contre-intuitif, mais il sert une logique claire. En limitant la diffusion, elle garde la maîtrise du récit, du contact avec le public et de l’explication de sa démarche. Ce que cela implique, c’est une relation plus directe avec les consommateurs, donc plus de pédagogie et plus de sens.
Si tu rencontres ce sujet dans un cadre professionnel, en urbanisme, en immobilier, en RSE ou en agroalimentaire, retiens ceci : le succès d’un projet d’agriculture urbaine ne dépend pas seulement de la culture elle-même. Il dépend aussi de sa capacité à être compris, visité, raconté et intégré dans un usage réel.
Les produits d’épicerie de Sous les fraises, ainsi que diverses expériences dans leurs fermes urbaines sont à retrouver ici.
Ce qu’il faut retenir si tu t’intéresses à l’agriculture urbaine
Si tu veux aller au-delà de l’effet d’annonce, ce projet montre plusieurs bonnes pratiques très concrètes. D’abord, il faut penser la toiture comme un espace technique à part entière. Ensuite, il faut accepter la saisonnalité au lieu de la contourner artificiellement. Enfin, il faut créer une proposition lisible pour le public, sinon le projet reste invisible ou mal compris.
En résumé, ce cas illustre bien ce que peut être une agriculture urbaine crédible : une production locale, une contrainte technique maîtrisée, une logique de transformation des récoltes et une vraie dimension pédagogique. C’est précisément cette combinaison qui lui donne de la valeur.
Erreurs fréquentes à éviter
Si tu envisages un projet similaire, certaines erreurs reviennent souvent. La première consiste à sous-estimer la charge et les contraintes d’un toit. La deuxième est de vouloir produire toute l’année à tout prix, au risque de consommer trop d’énergie. La troisième est de négliger la médiation : sans explication claire, le public ne comprend ni l’intérêt du projet ni sa valeur.
Une autre erreur classique, c’est de penser qu’une ferme urbaine doit uniquement produire. En réalité, dans beaucoup de cas, elle doit aussi éduquer, créer du lien et donner envie de revenir. C’est ce qui fait la différence entre un espace vitrine et un lieu vivant.
FAQ
Qu’est-ce que Sous les fraises ?
Sous les fraises est une entreprise d’agriculture urbaine qui conçoit, installe et exploite des fermes urbaines. Elle développe des toits végétalisés, des espaces de production et des expériences pédagogiques autour du vivant. Son modèle associe culture, transformation et sensibilisation.
Où se trouve la serre à tomates de Sous les fraises ?
La serre à tomates de Sous les fraises se trouve rue Sorbier, dans le 20e arrondissement de Paris. Elle a été installée sur le toit d’un immeuble. C’est une première en France.
Combien de tomates la serre doit-elle produire ?
La serre doit produire environ trois tonnes de tomates à terme. Elle s’étend sur 400 m2 et mesure 70 mètres de long. La production est annoncée sans pesticide.
Pourquoi Sous les fraises ne chauffe-t-elle pas ses serres pour produire toute l’année ?
Parce que ce serait trop énergivore. L’entreprise préfère respecter les saisons plutôt que de forcer une production hors saison. Elle transforme ensuite les récoltes en sauces, piperades ou pestos pour les consommer en hiver.
Quels produits propose Sous les fraises ?
Sous les fraises propose notamment de la vodka, du gin, de la bière, des bonbons au miel et des gâteaux apéritifs. L’entreprise valorise ainsi les récoltes issues de ses sites urbains. Elle vend aussi une partie de ses produits en épicerie et en ligne.
Quels types d’expériences peut-on faire chez Sous les fraises ?
On peut visiter une ferme aquaponique, participer à des ateliers de jardinage ou d’apiculture, faire du yoga au milieu des plantes ou assister à des séminaires. Ces formats servent à faire découvrir l’agriculture urbaine de manière concrète. Ils renforcent aussi la dimension pédagogique du projet.
Pourquoi ce projet est-il considéré comme une première en France ?
Parce qu’il s’agit d’une serre à tomates installée sur le toit d’un immeuble parisien, avec une vraie logique de production. Ce n’est pas seulement un toit végétalisé, mais un espace agricole exploité. C’est ce caractère inédit qui en fait une première en France.
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