magazine-paris-berlin.com
Image default
Paris & Berlin

La gastronomie allemande à Paris : brasseries, restaurants et spécialités

En bref — La gastronomie allemande à Paris se découvre d’abord par la porte alsacienne : les grandes brasseries fondées au XIXe siècle ont fait de la choucroute et de la bière des classiques parisiens. Au-delà, des bars à bière, quelques tables germanophones et les rendez-vous saisonniers de l’Oktoberfest et de l’Avent permettent de goûter les spécialités régionales : Spätzle souabes, Weißwurst bavaroise, Currywurst berlinoise, Käsekuchen. Voici quoi commander, quand, et comment reconnaître une adresse fidèle à l’original.

Pour un Allemand installé à Paris, la nostalgie passe souvent par l’assiette ; pour un Parisien, la cuisine allemande reste largement méconnue, réduite à la saucisse et à la choucroute. Elle est pourtant aussi régionale que la cuisine française. Ce guide vous aide à la retrouver à Paris ; il fait partie de notre rubrique Paris-Berlin.

Une cuisine de régions, pas un bloc

L’Allemagne est fédérale jusque dans l’assiette. La Bavière n’a pas grand-chose à voir avec Hambourg, ni la Souabe avec Berlin. Quelques traits communs se dégagent néanmoins : une culture du pain exceptionnelle, inscrite en 2014 à l’inventaire national du patrimoine immatériel, le dîner froid de l’Abendbrot (pain, fromage, charcuterie), le rituel du café et du gâteau l’après-midi, et une bière longtemps encadrée par le décret de pureté bavarois de 1516.

Chercher « la » cuisine allemande à Paris, c’est donc d’abord savoir quelle région vous intéresse.

L’héritage alsacien des brasseries parisiennes

Les brasseries alsaciennes, où l’on sert bière à la pression et choucroute, apparaissent à Paris dès le milieu du XIXe siècle : Bofinger, près de la Bastille, date de 1864. Après la guerre de 1870 et l’annexion de l’Alsace-Moselle, l’arrivée de nombreux Alsaciens amplifie le mouvement ; la brasserie Lipp ouvre ainsi en 1880 à Saint-Germain-des-Prés. Toutes deux sont devenues des institutions.

Précision utile : la choucroute garnie, avec son assortiment de viandes, est un plat alsacien. En Allemagne, le Sauerkraut est plutôt un accompagnement. De même, la flammekueche, omniprésente dans les bars parisiens, a sa cousine allemande, le Flammkuchen, que l’on retrouve dans le pays de Bade et le Palatinat.

Où manger allemand à Paris aujourd’hui

L’offre parisienne se répartit en quelques familles :

  • Les brasseries alsaciennes, pour la choucroute, les saucisses et les bières d’Alsace.
  • Les bars à bière qui proposent des pressions bavaroises, souvent accompagnées de bretzels et de saucisses.
  • Une poignée de tables germanophones, souvent tenues par des Allemands ou des Autrichiens installés à Paris : schnitzel, Spätzle, strudel. Les adresses changent vite ; le bouche-à-oreille de la communauté germanophone reste le meilleur guide.
  • Les rendez-vous saisonniers : soirées Oktoberfest, ventes de Noël, stands de vin chaud.
  • Le döner : popularisé à Berlin par l’immigration turque dans les années 1970, il diffère du « grec » parisien. Le style berlinois se reconnaît à son pain grillé, à ses crudités abondantes (dont le chou rouge) et à ses sauces aux herbes, à l’ail ou pimentée, sans frites dans le sandwich.

Les spécialités à commander, région par région

  • Bavière : Weißwurst, la saucisse blanche que la tradition veut manger avant midi, avec moutarde douce et bretzel ; jarret de porc rôti (Schweinshaxe) ; Obatzda, crème de fromage épicée.
  • Souabe : Käsespätzle, petites pâtes fraîches gratinées au fromage et aux oignons frits ; Maultaschen, grands raviolis farcis.
  • Berlin : Currywurst, née à Berlin en 1949 selon la version la plus répandue ; Bulette, boulette de viande à la berlinoise ; Berliner Weiße, bière acidulée servie avec un sirop.
  • Rhénanie : Sauerbraten, bœuf mariné puis braisé ; Reibekuchen, galettes de pommes de terre.
  • Nord : Fischbrötchen, sandwich au hareng ou au maquereau ; Franzbrötchen, viennoiserie à la cannelle de Hambourg.
  • Côté gâteaux : forêt-noire (Schwarzwälder Kirschtorte), Käsekuchen au fromage blanc, Bienenstich aux amandes, et l’Apfelstrudel partagé avec l’Autriche.

Le calendrier gourmand allemand

La cuisine allemande vit au rythme des saisons. D’avril à la fin juin, c’est la Spargelzeit, la saison des asperges blanches servies avec sauce hollandaise, pommes de terre et jambon. L’automne apporte le vin nouveau (Federweißer) accompagné de tarte à l’oignon, puis l’oie de la Saint-Martin, le 11 novembre. L’Avent est le temps du Stollen, des Lebkuchen et du vin chaud. Pour repérer les occasions de fêter tout cela à Paris, consultez notre agenda des rendez-vous franco-allemands.

Nos conseils pour manger allemand à Paris

  • Lisez la carte en allemand : une carte bilingue est souvent bon signe. Pour déchiffrer « Kartoffelsalat » ou « Schlagsahne », rien ne vaut quelques cours ; voyez notre guide pour apprendre l’allemand à Paris.
  • Regardez les pressions : une adresse sérieuse sert ses bières allemandes dans le verre adapté à chaque style.
  • Posez la question de la région : un restaurateur fier de ses origines vous orientera vers ses vrais plats.
  • Cuisinez-le vous-même : Spätzle et Käsekuchen se réussissent très bien à la maison avec nos recettes de cuisine franco-allemande.
  • Trouvez les bons produits : moutarde douce, pain complet ou Spätzle secs se dénichent dans les adresses de notre guide des produits allemands à Paris.

Questions fréquentes

Quelle différence entre choucroute alsacienne et Sauerkraut allemand ?

Le chou fermenté est le même, mais la choucroute garnie alsacienne est un plat complet, avec viandes et saucisses, alors qu’en Allemagne le Sauerkraut sert surtout d’accompagnement.

Où manger une choucroute à Paris ?

Dans les brasseries alsaciennes historiques, comme Bofinger ou Lipp, héritières d’une tradition parisienne née au XIXe siècle.

Qu’est-ce qu’une Currywurst ?

Une saucisse de porc coupée en rondelles, nappée de sauce tomate au curry et saupoudrée de curry, servie avec des frites ou un petit pain : c’est le grand classique de la street food berlinoise.

Quand manger des asperges blanches à l’allemande ?

Pendant la Spargelzeit, d’avril à la fin juin : la saison se termine traditionnellement le 24 juin.

Sources

  • Office national allemand du tourisme (Deutsche Zentrale für Tourismus).
  • Deutscher Brauer-Bund (fédération des brasseurs allemands).
  • Commission allemande pour l’UNESCO, inventaire national du patrimoine culturel immatériel.
  • La rédaction de magazine-paris-berlin.com.

Pour aller plus loin : Brasseries à Paris : adresses historiques et néo-brasseries ; Brasseries à Paris : 5 adresses classiques, chics et historiques.

Envie de cuisiner allemand chez vous ?
Passez aux fourneaux avec nos recettes et influences croisées entre France et Allemagne, et retrouvez les épiceries où acheter bretzels et Spätzle.

Informations données à titre indicatif : les restaurants, cartes et horaires changent régulièrement. Vérifiez qu’une adresse est toujours ouverte avant de vous déplacer.

A lire aussi

Paris ou Berlin : comparer deux arts de vivre (logement, rythme, culture)

administrateur

Les événements franco-allemands à Paris : l’agenda de l’année

administrateur

Les artistes entre Paris et Berlin : un siècle d’allers-retours

administrateur

Paris et Berlin : deux capitales, deux arts de vivre

administrateur

La scène berlinoise vue de Paris : clubs, art et contre-culture

administrateur

Apprendre l’allemand à Paris : cours, écoles et tandems

administrateur