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Paris / Bons Plans

Le Club des hachichins de Paris : histoire d’un cercle du XIXe siècle

En bref

  • Le Club des hachichins est un cercle parisien fondé en 1844 par le médecin Jacques-Joseph Moreau de Tours pour étudier les effets du haschich.
  • Ses séances mensuelles, appelées « fantasias », se tenaient à l’hôtel de Lauzun (ou Pimodan), sur l’île Saint-Louis.
  • Gautier, Baudelaire, Nerval, Delacroix, Daumier, Flaubert, Dumas et Balzac figurent parmi les noms associés au club.
  • On y consommait le dawamesk, une pâte à base de résine de cannabis, de miel et de pistaches.
  • Moreau de Tours en tire un ouvrage en 1845, considéré comme le premier traité scientifique consacré à une drogue.

Le Club des hachichins est un cercle d’écrivains, d’artistes et de médecins qui se réunissait à Paris, dans les années 1840, pour expérimenter le haschich, la résine de cannabis. Il doit sa célébrité à la présence de plusieurs grandes figures de la littérature romantique et au regard de médecin qu’y portait son fondateur, qui voulait comprendre la folie à travers ses effets. Cet article retrace son histoire, ses lieux et ses légendes, sans en faire l’éloge.

Mis à jour en octobre 2026.

Qui a fondé le Club des hachichins, et quand ?

Le club a été fondé en 1844 par le docteur Jacques-Joseph Moreau de Tours, médecin aliéniste, c’est-à-dire spécialiste des maladies mentales, selon la notice de Wikipédia consacrée à l’association. Elle indique qu’il a été actif jusqu’en 1849.

Moreau de Tours avait découvert le haschich lors d’un voyage en Orient, entre 1836 et 1840, effectué avec plusieurs patients du psychiatre Esquirol. Vers 1840, il a ingéré du haschich rapporté du Caire pour décrire méthodiquement ses effets sur l’esprit. Il y voyait un moyen de mieux comprendre certains troubles mentaux. Il a publié ses conclusions en 1845 dans Du hachisch et de l’aliénation mentale, souvent présenté comme le premier ouvrage scientifique consacré à une drogue.

Où se réunissait le club ?

Les réunions se tenaient à l’hôtel de Lauzun, aussi appelé hôtel de Pimodan, sur l’île Saint-Louis, au cœur du Paris ancien bordé par la Seine. Selon Wikipédia, les séances mensuelles avaient lieu dans un appartement que le baron Jérôme Pichon avait loué au peintre Joseph Ferdinand Boissard de Boisdenier.

Cet hôtel particulier du XVIIe siècle, au bord du fleuve, offrait un cadre à la mesure de la légende que le club allait nourrir. Pour comprendre comment ce quartier s’est constitué, la page sur Paris à travers les siècles donne le fil de la construction de la ville.

Que consommait-on pendant les « fantasias » ?

Les participants prenaient surtout du dawamesk, une pâte verdâtre composée de résine de cannabis mélangée à un corps gras, du miel et des pistaches, d’après la même notice. Les séances de consommation portaient le nom de « fantasias ».

Le mot « fantasia » évoque à la fois la fête et l’expérience intérieure : on y venait observer ses propres sensations et les raconter. Cette dimension d’observation est ce qui distingue le club d’un simple salon mondain.

Quels artistes ont fréquenté le club ?

Les sources citent plusieurs écrivains et peintres de premier plan : Théophile Gautier, Charles Baudelaire, Gérard de Nerval, Gustave Flaubert, Alexandre Dumas et Honoré de Balzac pour la littérature, Eugène Delacroix et Honoré Daumier pour la peinture. Leur assiduité réelle varie selon les témoignages : certains ont surtout assisté en spectateurs, et les historiens discutent encore de la fréquence de leurs venues.

Pour le milieu des peintres de l’époque, voyez la page sur Paris et les peintres. Pour celui des écrivains, la page Paris littéraire : sur les pas des écrivains propose des itinéraires, et l’article sur le Paris de Baudelaire replace le poète dans sa ville.

Que reste-t-il de cette expérience dans la littérature ?

Deux textes en gardent la trace. Gautier a laissé un récit intitulé Le Club des hachichins, tandis que Baudelaire a consacré à la question Les Paradis artificiels, publié en 1860, un essai plus critique sur les effets du haschich et de l’opium. Les deux textes montrent la fascination de l’époque pour les états modifiés de conscience, mais aussi ses réserves.

DateÉvénement
1836–1840Voyage en Orient de Moreau de Tours avec des patients d’Esquirol
Vers 1840Premières expériences personnelles avec du haschich rapporté du Caire
1844Fondation du Club des hachichins
1845Parution de Du hachisch et de l’aliénation mentale
1849Fin de l’activité du club
1860Parution des Paradis artificiels de Baudelaire

Pourquoi cette histoire intéresse-t-elle encore ?

Elle illustre une période où la médecine, la littérature et la peinture s’interrogeaient ensemble sur l’imagination et les limites de la raison. Moreau de Tours pratiquait l’auto-expérimentation, une méthode aujourd’hui contestée et dangereuse, qui rappelle combien la psychiatrie du XIXe siècle était encore balbutiante.

Il s’agit ici d’un récit historique, et non d’un guide d’usage. Les effets et le statut légal des produits issus du cannabis relèvent désormais de la loi et des autorités sanitaires : pour toute question de santé ou de droit, rapprochez-vous de Santé publique France, de Drogues info service ou d’un professionnel de santé.

Questions fréquentes

Qui a créé le Club des hachichins ?

Le médecin aliéniste Jacques-Joseph Moreau de Tours, qui l’a fondé en 1844 pour étudier les effets du haschich sur l’esprit. Il avait découvert la substance lors d’un voyage en Orient entre 1836 et 1840. Le peintre Boissard de Boisdenier a loué l’appartement où se tenaient les séances.

Où se réunissait le club à Paris ?

À l’hôtel de Lauzun, aussi appelé hôtel de Pimodan, sur l’île Saint-Louis. Selon Wikipédia, les séances mensuelles se tenaient dans un appartement loué au peintre Boissard de Boisdenier par le baron Jérôme Pichon. L’hôtel existe toujours au bord de la Seine.

Quels artistes en faisaient partie ?

Les sources associent au club Gautier, Baudelaire, Nerval, Flaubert, Dumas, Balzac, Delacroix et Daumier. Tous n’y venaient pas avec la même régularité, et certains observaient plus qu’ils ne consommaient. Gautier en a tiré un récit, Baudelaire un essai plus critique.

Qu’est-ce que le dawamesk ?

C’est la préparation à base de haschich que l’on prenait lors des réunions : une pâte verdâtre composée de résine de cannabis mélangée à un corps gras, du miel et des pistaches. Elle s’ingérait, contrairement à l’usage fumé que l’on connaît aujourd’hui, ce qui rendait ses effets plus lents.

Pourquoi Moreau de Tours s’intéressait-il au haschich ?

Parce qu’il y voyait un moyen d’étudier la folie de l’intérieur. Il pensait que l’intoxication reproduisait, de façon temporaire, certains symptômes de la maladie mentale. Il a consigné ses observations dans Du hachisch et de l’aliénation mentale, publié en 1845.

Le club a-t-il duré longtemps ?

Non : d’après Wikipédia, il a été actif de 1844 à 1849, soit environ cinq ans. Sa notoriété est pourtant durable, parce que plusieurs de ses participants ont écrit sur l’expérience et que l’on y a vu l’un des premiers laboratoires de psychopharmacologie.

Sources

  • Wikipédia : Club des hashischins — dates d’activité, lieu de réunion, membres cités, composition du dawamesk
  • Wikipédia : Jacques-Joseph Moreau — voyage en Orient, expériences avec le haschich, ouvrage de 1845
  • Paris Zigzag : Dans les pas de Baudelaire sur l’île Saint-Louis — confirme l’existence d’un parcours consacré au poète sur l’île (résultat de recherche)

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