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Paris de demain & société

La végétalisation de Paris : rues aux arbres, cours oasis et toits verts

En bref — La végétalisation de Paris mobilise la Ville et les habitants : permis de végétaliser pour jardiner un pied d’arbre ou une jardinière depuis 2015, cours Oasis qui transforment les cours d’école en îlots de fraîcheur, plantations d’arbres et forêts urbaines, jardins partagés et toits cultivés. En mars 2025, une votation a en outre approuvé le principe de 500 rues supplémentaires végétalisées et piétonnisées. Objectif : rafraîchir la ville, accueillir la biodiversité et embellir le quotidien.

Paris est l’une des villes les plus denses d’Europe, et ses espaces verts y sont comptés, surtout si l’on met de côté les bois de Boulogne et de Vincennes. Verdir la ville passe donc par chaque mètre carré disponible : cours, trottoirs, toits, façades. Ce guide fait partie de notre dossier sur la ville durable et ses quartiers.

Pourquoi végétaliser une ville aussi dense

Les raisons sont d’abord climatiques. Les arbres ombragent les façades et rafraîchissent l’air par évapotranspiration : dans un îlot de chaleur comme Paris, quelques degrés de moins au pied d’un immeuble changent une nuit d’été. Les sols perméables absorbent aussi l’eau de pluie et soulagent les égouts, un enjeu lié à la Seine baignable présentée dans notre article sur les grands projets urbains en cours. S’y ajoutent la biodiversité — oiseaux, insectes pollinisateurs — et le simple bien-être de croiser du vert en bas de chez soi.

Les Berlinois installés à Paris le remarquent vite : leur ville paraît plus verte, avec ses grands parcs et le Tempelhofer Feld, ancien aéroport ouvert au public en 2010 et protégé de toute construction par un référendum en 2014. Faute de telles réserves, Paris doit végétaliser à petite échelle, rue par rue.

Le permis de végétaliser : jardiner sa rue

Depuis 2015, tout Parisien — particulier, association, commerçant, école — peut demander un permis de végétaliser sur paris.fr pour planter au pied d’un arbre, installer une jardinière sur le trottoir ou faire grimper des plantes sur une façade. En échange, le titulaire signe une charte : plantes adaptées, locales et favorables aux pollinisateurs, aucun pesticide, entretien et arrosage réguliers.

Dans la pratique, l’arrosage estival est la principale difficulté. Les projets qui durent sont souvent portés à plusieurs, entre voisins ou avec un commerçant du rez-de-chaussée, et misent sur des espèces résistantes à la sécheresse.

Les cours Oasis, des écoles devenues îlots de fraîcheur

Lancé en 2018, le programme des cours Oasis transforme des cours d’école bitumées en espaces plus frais : sols perméables, arbres et massifs, points d’eau, zones d’ombre et coins de jeux calmes. Les élèves et la communauté éducative participent souvent à leur conception, et certaines cours ouvrent au public en dehors du temps scolaire.

Pour les parents, c’est l’occasion de s’impliquer : le conseil d’école est le bon relais pour savoir si une transformation est prévue dans l’établissement de vos enfants.

Arbres, forêts urbaines et rues-jardins

Le Plan Arbre adopté en 2021 fixait l’objectif de planter 170 000 arbres au cours de la mandature, dans les rues, les parcs, les cours d’école et les bois, avec des essences diversifiées pour mieux résister au réchauffement. Des forêts urbaines, plantations denses sur des places ou des délaissés, ont vu le jour ou sont annoncées dans plusieurs arrondissements.

Troisième levier : les rues-jardins, fermées aux voitures et plantées. La votation de mars 2025, marquée par une faible participation, a validé le principe de 500 rues supplémentaires ; leur réalisation s’étalerait sur plusieurs années, en concertation avec les riverains de chaque rue.

Toits, murs et agriculture urbaine

Depuis 2016, le programme Parisculteurs met des toits, des murs et des sous-sols à disposition de projets d’agriculture urbaine : potagers sur les toits, cultures de champignons en sous-sol, serres. L’une des plus vastes fermes urbaines sur toit d’Europe s’est installée sur le parc des expositions de la porte de Versailles. Le PLU bioclimatique renforce par ailleurs les exigences de végétalisation et de pleine terre pour les constructions neuves.

En copropriété, végétaliser une toiture-terrasse est possible, mais exige une étude de structure et d’étanchéité, puis un vote en assemblée générale.

Jardins partagés : cultiver ensemble

Depuis 2003, la charte Main verte encadre les jardins partagés : des associations y cultivent des parcelles sur des terrains municipaux, ouvrent le jardin au public à certaines heures et s’engagent à des pratiques respectueuses de l’environnement. On en compte plus d’une centaine à Paris. Pour en rejoindre un, contactez l’association du jardin le plus proche : les listes d’attente sont fréquentes, mais les bras pour les tâches collectives sont toujours bienvenus. C’est aussi une porte d’entrée idéale vers l’engagement associatif et solidaire de quartier.

Nos conseils pour verdir votre quotidien

  • Lisez le règlement de copropriété avant d’équiper votre balcon : poids, jardinières côté rue et écoulement de l’arrosage sont souvent encadrés.
  • Oubliez les pesticides : depuis 2019, leur achat et leur usage sont interdits aux particuliers pour la plupart des produits chimiques de synthèse.
  • Choisissez des plantes sobres : vivaces méditerranéennes, aromatiques et plantes mellifères supportent mieux la chaleur.
  • Mutualisez l’arrosage avec vos voisins, surtout pour les pieds d’arbres pendant les vacances d’été.

Questions fréquentes

Comment obtenir un permis de végétaliser à Paris ?

La demande se fait en ligne sur paris.fr, en décrivant l’emplacement et le projet. Après instruction, vous signez une charte d’engagement sur l’entretien et l’absence de pesticides.

Qu’est-ce qu’une cour Oasis ?

C’est une cour d’école désimperméabilisée et plantée pour offrir de l’ombre et de la fraîcheur, souvent conçue avec les élèves. Certaines ouvrent au public en dehors du temps scolaire.

Comment rejoindre un jardin partagé ?

En contactant l’association qui gère le jardin le plus proche, lors de ses heures d’ouverture ou via la liste publiée sur paris.fr. Les parcelles individuelles sont rares, mais la participation collective est souvent possible.

Peut-on végétaliser son balcon librement ?

Oui, sans autorisation de la Ville, mais dans le respect du règlement de copropriété ou du bail : charge admissible, sécurité des jardinières et écoulement de l’eau.

Sources

  • Ville de Paris (paris.fr) — permis de végétaliser, cours Oasis, Plan Arbre, Parisculteurs.
  • Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France.
  • APUR — Atelier parisien d’urbanisme.
  • La rédaction de magazine-paris-berlin.com.

Pour aller plus loin : Agriculture urbaine à Paris : fermes, jardins et toits cultivés ; 6 belles réussites de végétalisation à Paris.

Envie de mettre les mains dans la terre ?
Trouvez comment vous engager dans une association près de chez vous, ou explorez notre dossier complet sur le Paris de demain.

Dispositifs et objectifs cités à titre indicatif : conditions d’obtention, programmes et calendriers évoluent. Vérifiez les informations à jour sur paris.fr ou auprès de votre mairie d’arrondissement.

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