À Paris, la seconde main est passée du bon plan étudiant au réflexe de toutes les générations. On chine un manteau le samedi, on revend la poussette devenue inutile sur une appli, on dépose un sac de vêtements dans une borne au coin de la rue. Encore faut-il connaître les circuits et leurs règles. Cet article fait partie de notre dossier sur le lifestyle parisien.
Friperie, vintage, dépôt-vente : les mots pour s’y retrouver
- La friperie vend des vêtements d’occasion à petits prix, parfois au poids ; le tri est plus ou moins poussé selon les enseignes.
- Le vintage désigne des pièces anciennes, en général d’au moins une vingtaine d’années, sélectionnées pour leur style ou leur qualité, et vendues plus cher.
- Le dépôt-vente vend les articles que des particuliers lui confient et prélève une commission sur le prix de vente.
- La ressourcerie (ou recyclerie) collecte des objets dont on ne veut plus, les trie, les remet en état et les revend à bas prix, souvent avec une mission sociale et d’insertion.
- La brocante et le vide-grenier réunissent professionnels ou particuliers sur la voie publique, le temps d’une journée.
Acheter : friperies, dépôts-ventes, puces et ressourceries
Les friperies se sont multipliées bien au-delà du Marais, leur quartier historique : on en trouve désormais dans la plupart des arrondissements, du vintage pointu à la friperie de volume. Les dépôts-ventes de l’ouest parisien sont réputés pour le prêt-à-porter de marque et la maroquinerie de luxe ; d’autres se spécialisent dans le mobilier, la vaisselle ou les vêtements d’enfants.
Les marchés aux puces restent des rendez-vous d’habitués : Saint-Ouen, aux portes du 18e, pour les antiquités et le mobilier ; Vanves, dans le 14e, le week-end matin, pour les objets et la vaisselle ; Montreuil, pour les vêtements à petits prix. Enfin, les ressourceries et les boutiques Emmaüs offrent les prix les plus bas, avec des arrivages imprévisibles : il faut passer souvent.
Certains concept stores de quartier ont aussi ajouté un portant de seconde main sélectionnée à côté de leurs créateurs.
Revendre : dépôt-vente, applis ou vide-grenier ?
Chaque solution a sa logique :
- Le dépôt-vente : pratique si vous manquez de temps. La boutique fixe le prix avec vous, expose et vend ; vous touchez le montant diminué de sa commission. Les pièces doivent être propres, de saison et en bon état ; les invendus sont à récupérer dans un délai fixé.
- Les applis : Vinted pour les vêtements du quotidien, Vestiaire Collective pour le luxe (avec authentification), Leboncoin pour tout le reste, notamment les meubles, en remise en main propre. Plus rémunératrices, elles demandent du temps : photos, descriptions, envois.
- Le vide-grenier : idéal pour vider une cave en une journée. En tant que particulier, vous pouvez y participer deux fois par an au maximum, avec vos objets personnels et usagés, en signant une attestation auprès de l’organisateur. Les calendriers sont diffusés par les mairies d’arrondissement et les associations de quartier.
Donner et recycler ce qui ne se vend pas
Tout ne trouve pas preneur, et c’est normal. Les bornes de collecte textile, présentes dans de nombreuses rues, acceptent vêtements, linge et chaussures propres et secs, même usés, dans des sacs fermés ; l’éco-organisme Refashion en publie la carte. Les ressourceries et Emmaüs reprennent objets, meubles et livres en bon état. Pour les encombrants, la Ville de Paris propose un enlèvement sur rendez-vous : mieux vaut tenter le don avant.
Ce que dit la loi : fiscalité et règles de la revente
Bonne nouvelle : revendre occasionnellement vos propres affaires d’occasion n’est pas un revenu imposable. Seuls les objets vendus plus de 5 000 euros relèvent du régime des plus-values, avec des règles particulières pour les bijoux et objets d’art. Depuis 2023, les plateformes transmettent à l’administration fiscale les données des vendeurs ayant réalisé au moins 30 ventes ou 2 000 euros de recettes dans l’année : cette déclaration ne signifie pas que vous serez imposé, mais elle permet de repérer les activités commerciales.
La limite est là : acheter pour revendre avec profit, c’est exercer une activité commerciale, qui suppose un statut, par exemple la micro-entreprise. Côté acheteur, retenez qu’entre particuliers, il n’existe pas de droit de rétractation : seules la protection proposée par la plateforme et la garantie légale des vices cachés vous couvrent.
Nos conseils pour bien acheter d’occasion
- Venez avec vos mesures : les tailles anciennes ne correspondent pas aux actuelles, et les cabines sont rares en friperie.
- Inspectez les points faibles : dessous de bras, doublure, fermetures, talons, coins des sacs.
- Payez toujours via la plateforme et méfiez-vous des vendeurs qui proposent de finaliser la transaction par un autre moyen.
- Comparez les prix : une pièce vintage n’est pas forcément rare ; regardez ce que valent des modèles similaires en ligne.
- Prévoyez la retouche : un ourlet ou des boutons changés chez la retoucheuse du quartier transforment une trouvaille.
Les lecteurs berlinois seront en terrain connu : le Flohmarkt du dimanche, comme celui du Mauerpark, fait partie de la culture locale depuis longtemps. À Paris, c’est l’essor des applis qui a fait basculer la seconde main dans le quotidien, une évolution que nous replaçons parmi les tendances lifestyle parisiennes.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer ses ventes Vinted aux impôts ?
Non, si vous revendez occasionnellement vos propres affaires : ce n’est pas un revenu imposable. La plateforme transmet toutefois vos données au fisc au-delà de 30 ventes ou 2 000 euros par an, pour repérer d’éventuelles activités commerciales.
Où revendre des vêtements de marque à Paris ?
Dans les dépôts-ventes spécialisés, nombreux dans l’ouest parisien, ou sur des plateformes dédiées au luxe comme Vestiaire Collective, qui authentifient les pièces.
Quelle différence entre une ressourcerie et un dépôt-vente ?
La ressourcerie reçoit des dons, les remet en état et les revend à bas prix, souvent avec une mission sociale. Le dépôt-vente vend vos objets pour votre compte et vous reverse le prix, moins sa commission.
Peut-on participer à un vide-grenier comme particulier ?
Oui, deux fois par an au maximum, pour vendre des objets personnels et usagés. Vous signez une attestation sur l’honneur auprès de l’organisateur, qui tient un registre des exposants.
Sources
- impots.gouv.fr (revenus des plateformes en ligne).
- Service-public.fr (vide-greniers et ventes entre particuliers).
- Refashion, éco-organisme de la filière textile.
- Ville de Paris (paris.fr), ressourceries et encombrants.
Pour aller plus loin : Dépôt-vente à Paris : adresses et conseils pour bien acheter ; Shopping vintage à Berlin : marchés, friperies et conseils.
Découvrez les boutiques de proximité qui font la part belle aux créateurs dans notre article sur les concept stores lifestyle à Paris, et voyez comment les nouvelles habitudes des Parisiens changent la ville.
Règles fiscales et seuils donnés à titre indicatif, susceptibles d’évoluer : vérifiez votre situation sur impots.gouv.fr. Les marchés et boutiques cités peuvent modifier leurs jours et horaires d’ouverture.

