Publié le 25/10/2009 00:17:59
A la faveur des récentes élections allemandes, ou des besoins en communication des uns et des autres, les
rumeurs vont bon train : ainsi “on” fomenterait la réécriture du traité franco-allemand dit “de
l’Elysée” qui date de 1963 ; “on” travaillerait secrètement à la mise en place d’un ministère
franco-allemand dont le titulaire siégerait dans les deux gouvernements ; Jack Lang apprendrait l’allemand pour accéder à ce poste
; le cinéaste Volker Schlöndorff serait (encore) de gauche ;
Pierre Lellouche, le secrétaire d’Etat aux Affaires
européennes nouvellement nommé, ne s’intéresserait pas au francoallemand ; Français et Allemands négocieraient
ensemble le prix du gaz russe ; François Mitterrand aurait oeuvré contre la réconciliation ; le moteur franco-allemand à la
faveur de la nouvelle coalition en Allemagne serait mort (ou a minima grippé pour reprendre les termes de Jean- Marie Colombani) ; les Français
ne s’intéresseraient pas aux commémorations liées à la chute du Mur ; l’Allemagne quitterait la zone euro ; la
Fondation Genshagen réouvrirait ses locaux à Paris ; le cinéma allemand n’attirerait pas les spectateurs français ; Airbus
contrairement à Boeing irait “mieux que bien” ; Franck Ribery aurait re-signé avec les turcs de Galatasaray… etc. etc.
Mais rassurez-vous, le concept de rumeur, qui a pour origine les recherches de psychologie judiciaires entreprises à partir de 1902
par l’allemand Louis William Stern, ne- viendra pas ternir nos relations franco-allemandes, qui sont certes complexes, mais riches. Et ParisBerlin ne
laissera
pas ces bruits informels et persistants parasiter des réalités souvent bien plus simples (à telle enseigne que nous
nous demandons bien souvent qui les invente et les diffuse ?). Ainsi forts de nos travaux, nous nous contentons ici de porter témoignage DE CE QUE
NOUS SAVONS : les
relations franco-allemandes sont paisibles ; l’entente entre Pierre Lellouche et les Allemands est réelle et cordiale
; le Festival du fi lm allemand à Paris a fait le plein de spectateurs ; Volker Schlöndorff vote Angela Merkel et s’en explique ;
Mitterrand n’a pas intrigué contre la réunification ;
les Français se réjouissent massivement de la chute du Mur
que nous fêterons ce mois-ci…
Bref, presque toutes les réponses sont à lire dans ce numéro, réponses qui ne
s’encombrent pas des stratégies personnelles et des tactiques d’infl uence des uns et des autres mais prouvent plutôt la
vitalité de nos relations bilatérales.
Olivier Breton, Directeur de la publication, olivier.breton@allcontents.com
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