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Edito

Publié le 05/08/2009 23:05:00

Des rêves, de la Nostalgie, à l’invention du Futur

À Berlin, en 1945, il y avait l’Est, il y avait l’Ouest. Les bons, les méchants, les oppresseurs, les oppressés : des antagonismes installés à l’aune du règlement de la Seconde Guerre mondiale où s’entrechoquaient des définitions d’un monde qui se clamaient sur fonds d’idéaux posés comme inconciliables : justice sociale/liberté d’entreprendre, égalité des chances et solidarité/profits et méritocratie; collectivisme/individualisme.

S’organisait alors et pour un long moment la Guerre Froide dont le moment culminant (1961) fut matérialisé par la construction d’un Mur à l’esthétique toute de barbelés, de béton, de larmes aussi. Un Mur de la Honte pour les uns ; un ultime rempart pour les autres. Un Mur qui au-delà de lui-même a construit bien des colères, des souffrances, des tragédies humaines, mais aussi des littératures, des poésies, des fictions, des évasions...
Ce symbole de l’incompréhension radicale, opposant le libéralisme au communisme s’achèvera sans effusion de sang un jour de 1989 par la destruction de cette forteresse longtemps infaillible (ou presque). Cet événement est assurément un des plus grands moments de l’histoire du XXe siècle et en tant que tel méritait que nous y consacrions ce numéro Spécial fait de document d’archives et de textes, pour la plupart inédits.
Vingt ans plus tard, en 2009, près d’une génération après, les conflits sont apaisés, la réconciliation scellée : Berlin est redevenue Une et Indivisible. Quasiment toutes les traces physiques du Mur ont disparu. Reste bien une frontière imaginaire et idéologique qui survit et parfois s’anime à la faveur des crises économiques/sociales.
La nostalgie gagne alors la mémoire de ceux qui ont connu cette époque, et le cœur de ceux qui l’imaginent. Un double mouvement qui s’articule en : être ou ne pas être Ostalgique. Avec au cœur de ce mode de pensée ceux qui regrettent le “bon vieux temps” où chacun pouvait manger, se soigner, s’éduquer aux frais de l’Etat, et ceux qui pointent du doigt la coûteuse réunification. Un mal de l’Est parfois profond pour les laissés-pour-compte de l’Histoire, un mal parfois exotique et sujet de dérision pour les plus jeunes.
Mais à tous ceux-là on préférera ceux qui, bien que conscients du passé, de sa versatilité, de ses imperfections, travaillent à rêver le Futur, et œuvrent chaque jour à créer un nouveau monde qui transcende toutes les divisions. Et espèrent les dépasser. C’est à eux, et donc à vous lecteurs qui en faites partie par votre curiosité sans cesse renouvelée, que nous dédions ce Numéro Spécial. Si Spécial, qu’il doit nous aider en toute lucidité à construire des lendemains apaisés.


Über Träume, Nostalgie und die Erfindung der Zukunft


In Berlin 1945 gab es den Osten und den Westen. Die Guten, die Bösen, die Unterdrücker die Unterdrückten: Gegensätze, die sich nach dem Ende 
des Zweiten Weltkrieges festgesetzt hatten und bei denen konkurrierende Weltanschauungen aufeinander prallten, die aufgrund ihrer Ideale Ausschließlichkeit beanspruchten und miteinander unvereinbar zu sein schienen: soziale Gerechtigkeit versus Unternehmerfreiheit, Solidarität und Chancengleichheit versus Gewinnstreben und Leistungsdenken, Kollektivismus versus Individualismus.
So entfaltete sich für einen längeren Zeitraum der Kalte Krieg, der 1961 im Bau einer Mauer aus Stacheldraht, Beton und Tränen gipfelte. Eine Schandmauer für die Einen, ein Schutzwall für die Anderen. Eine Mauer, die weit über ihre Grenzen hinaus Zorn, Leid und menschliche Tragödien auslöste, aber auch den Anstoß für Literatur, Gedichte, Fiktionen und Fluchtversuche gab…
Dieses Symbol radikalen Nicht-Verstehens, das Freiheitsdenken und Kommunismus in Opposition zueinander setzte, fiel an einem Tag im Jahr 1989 ohne Blutvergießen in sich zusammen, mit der Zerstörung dieser lange Zeit für (fast) uneinnehmbar gehaltenen Festung. Diese Ereignis ist sicher einer der größten Momente der Geschichte des 20. Jahrhunderts und hat es schon deshalb verdient, dass wir ihm diese Sonderausgabe widmen, mit Dokumenten aus Archiven und Texten, die zum größten Teil hier zum ersten Mal erscheinen.
Heute, 20 Jahre und fast eine Generation später, sind die Konflikte beigelegt, und die Versöhnung ist besiegelt: Berlin ist wieder vereint und unteilbar geworden. Fast alle physisch sichtbaren Spuren der Mauer sind verschwunden. Trotzdem lebt in vielen Köpfen eine eingebildete, ideologische Grenze fort, die gelegentlich durch gesellschaftliche oder wirtschaftliche Krisen neu belebt wird.
Dann wächst Nostalgie im Gedächtnis derer, die diese Epoche erlebt haben, und im Herzen derer, die sie sich einbilden. Eine doppelte Bewegung, die die Frage aufwirft: „Ostalgisch“ sein oder nicht. Den Kern der „Ostalgiker“ bilden diejenigen, die die „gute, alte Zeit“ vermissen, als sich jeder 
auf Staatskosten ernähren, gesund pflegen und ausbilden lassen konnte, und die mit ausgestrecktem Finger auf die hohen Kosten der Wiedervereinigung verweisen. Es ist eine bisweilen tiefe Sehnsucht nach dem Osten bei den von der Geschichte Übergangenen, eine manchmal exotisch und lächerlich anmutende Sehnsucht für die Jüngeren.
Wir ziehen die Menschen vor, die sich zwar der Vergangenheit, ihrer Launen und ihrer Mängel bewusst sind, die aber daran arbeiten, die Zukunft 
zu erträumen. Die versuchen, Tag für Tag eine neue Welt zu schaffen, die alle Spaltungen überwindet. Und die hoffen, diese eines Tages ganz zu 
überwinden. Diesen und damit auch Ihnen, verehrte Leser, die Sie dank Ihrer beständigen Neugier dazu gehören, widmen wir diese Sonderausgabe. Eine so besondere, dass sie uns dabei helfen soll, eine friedliche Zukunft zu schaffen.

Olivier Breton




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