Publié le 09/05/2009 16:21:07
Pourquoi ? Parce qu’à 62%, ils estiment que leur vote ne changera
rien.
Dans ce concert de désintérêt, La Pologne et le Royaume-Uni se distinguent, avec seulement et respectivement 13 et 22%
d’électeurs qui se disent disposés à aller voter. L’Allemagne (43%) et la France (47%) se positionnent en tête de ce
classement. Mais cela n’est guère suffisant
pour nous rassurer. Ces perspectives bien moroses ne font que confirmer une tendance lourde
: l’abstention n’a cessé de croître aux européennes, comme si le fossé entre les institutions et les citoyens ne
cessait de se creuser, et une désaffection lourde de conséquences : tant que l’UE n’avait pour ambition que de constituer une
communauté économique, on pouvait admettre qu’elle soit régie par des “experts et des technocrates”. Mais depuis
qu’elle aspire à devenir une communauté politique, il est indispensable que les citoyens soient mieux associés à ses
décisions pour qu’elle puisse s’affirmer pleinement et institutionnellement.
Encore faudrait-il que les européens
comprennent mieux à quoi sert l'Union ! Les raisons qui ont justifié naguère sa naissance ont en effet perdu de leur force : la paix
semble durablement acquise ; la menace du totalitarisme s’est éloignée, le marché commun qui a permis les Trente Glorieuses
n’a pas évité la crise que nous traversons aujourd’hui et le chômage d’enfler spectaculairement. Pour convaincre,
l’Europe doit donc désormais prouver aux peuples que, face à la crise et, face à la mondialisation, elle est capable
d’offrir des réponses crédibles. Et qu’elle peut conduire des politiques communes sur tous les grands sujets. Le pragmatisme
franco-allemand de ces derniers mois peut servir en l’espèce de modèle. Et puis surtout l’Europe doit revoir sa communication :
seulement 36% des citoyens européens déclarent être informés et/ou comprendre cette échéance électorale.
Ajouter à cela le peu d’entrain des medias, et on comprendra le désintérêt général contre lequel nous
devons
– tous à notre niveau - lutter, pour au moins quatre raisons : le Parlement européen a un impact réel et croissant
sur notre quotidien ; il est porteur de choix partisans et idéologiques pendant une durée de cinq ans ; la législation européenne
est transposée au niveau national dans les Etats membres; enfin l’abstention favorise les extrêmes fortement mobilisés lors
d’échéances électorales. Quatre bonnes raisons qui nous conduisent aujourd’hui à appeler simplement mais
résolument l’ensemble de nos
amis et lecteurs a un seul geste : celui de VOTER !
Olivier Breton, Directeur de la publication
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