Paris BerlinAbonnez-vous

Publié le 09/03/2009 14:50:14

Stop !

On aime ici et là à diviser artificiellement la France et l’Allemagne: comme si les différents Siemens/Areva NP, Deutsche Bahn/TGV, étaient autant d’affaires d’Etat indépassables.

Et histoire de jouer les Cassandre qui au lieu de prédire la chute de Troie inventerait celle de l’axe Paris-Berlin, on mélange à l’envi luttes commerciales avec oppositions nationales. On parle même de fracture, de séparation, de la fin de l’entente cordiale ! Alors plutôt que d’opposer à ces arguments les vraies réussites économiques du franco-allemand, (celles de près de 3000 entreprises bi-nationales avec à leur tête la plus importante d’entre elles, EADS), répondons en forçant le trait et histoire de provoquer un peu : en matière d’économie la notion de conflits franco-allemands n’existe pas, n’est pas appropriée.

S’étonnerait-on d’un rivalité entre Suez et Veolia, BNP/Société Générale, Renault/Peugeot, Havas/Publicis… Parlerait-on de “divorces” franco-français, de déchirures nationales ? Evidemment non. L’économique, –surtout à l’heure de sa globalisation–  et même quand l’Etat s’en mêle, n’est pas affaire de fraternités transnationales. Et plutôt que se lamenter,  félicitons- nous plutôt que la curiosité linguistique entre les deux pays augmente, qu’Arte gagne des parts de marché, que des troupes allemandes s’installent en France, que nos curiosités touristiques ne se démentent pas, que la Schaubühne ne se produise nulle part ailleurs plus qu’en France, que nos diplomaties échangent entre elles au quotidien, que nos sportifs “voyagent” d’un club à l’autre, que le nombre de mariages mixtes augmentent, que nous vivions en paix, bref que nos liens, dans le respect des différences mutuelles, s’accroissent… 

Et ne nous étonnons plus avec beaucoup de fausse naïveté, et quelques fausses larmes dans la voix, que les raisons pécunières/commerciales ponctuellement divisent : cela s’appelle le libre-échange, la concurrence, bref l’affrontement économique, et non la fin ou l’éclatement du tandem franco-allemand  qui est et reste le seul espoir d’une idée européenne réalisée, consolidée.  Y compris, demain, en matière économique.

 

Olivier Breton, Directeur de la publication




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